{"id":2092,"date":"2007-09-19T08:44:49","date_gmt":"2007-09-19T08:44:49","guid":{"rendered":"http:\/\/carnottunis.com\/wordpress\/?p=2092"},"modified":"2007-09-19T08:44:49","modified_gmt":"2007-09-19T08:44:49","slug":"la-vie-culturelle-a-tunis-de-daniel-passalacqua","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/carnottunis.com\/?p=2092","title":{"rendered":"La vie Culturelle \u00e0 Tunis, de Daniel PASSALACQUA"},"content":{"rendered":"<p><img src=https:\/\/carnottunis.com\/photos\/thea.jpg > sur la vie culturelle \u00e0 Tunis au 19\u00e8me si\u00e8cle et dans le premier tiers du 20\u00e8me si\u00e8cle traduit de l&rsquo;italien par Daniel PASSALACQUA (lc1947 sc.ex)<\/p>\n<p>Bab el B&rsquo;har, ou Porte de la Mer, aujourd&rsquo;hui d\u00e9nomm\u00e9e \u00e9galement Porte de France, en \u00e9tait la limite \u00e0 l&rsquo;est, et s&rsquo;ouvrait presque directement sur le Bahira ou Lac de Tunis; elle permettait l&rsquo;acc\u00e8s de la ville aux marchandises et aux voyageurs qui, d\u00e9barqu\u00e9s \u00e0 La Goulette, traversaient le lac sur des barcasses qui accostaient au mole qui se trouvait sur le site de l&rsquo;Ambassade de France actuelle, devant le cimeti\u00e8re chr\u00e9tien de Saint Antoine hors des murs (cr\u00e9\u00e9 au 17\u00e8me si\u00e8cle sur un terrain offert par le Bey mouradite Hamouda Bacha, et d\u00e9plac\u00e9 en 1892 au Cimeti\u00e8re de Bab El Khadra, pour permettre de construire la Cath\u00e9drale actuelle).<\/p>\n<p>Les communaut\u00e9s europ\u00e9ennes chr\u00e9tiennes ou juives livournaises s&rsquo;\u00e9taient \u00e9tablies dans la zone franche qui s&rsquo;\u00e9tendait le long des murs, des deux cot\u00e9s de la Porte de la Mer, dans les rues Sidi Bou Mendil, de la Commission, des Glaci\u00e8res, en p\u00e9n\u00e9trant dans la M\u00e9dina sur quelques centaines de m\u00e8tres dans les rues Zarkoun, de la Kasbah, Jemaa ez-Zitouna (o\u00f9 se trouvait depuis le 17\u00e8me si\u00e8cle l&rsquo;Eglise de Sainte Croix), jusqu&rsquo;aux rues transversales El Karamed, Sidi el Mourjani, des Teinturiers \u00e0 son embouchure vers Bab Jedid, et dans le quartier de Sidi el Benna (o\u00f9 se trouvait l&rsquo;Eglise Sainte Lucie), plus particuli\u00e8rement pour ce qui concerne ceux qui appartenaient \u00e0 la classe ouvri\u00e8re, petits artisans ou boutiquiers. <\/p>\n<p>Au d\u00e9but du 19\u00e8me si\u00e8cle, une collectivit\u00e9 italienne d&rsquo;entit\u00e9 non n\u00e9gligeable r\u00e9sidait dans la zone franche, collectivit\u00e9 rapidement renforc\u00e9e par l&rsquo;arriv\u00e9e de dizaines de familles de juifs livournais qui commenc\u00e8rent \u00e0 affluer \u00e0 partir de 1815, en apportant avec eux, et de mani\u00e8re d\u00e9terminante, les usages et les coutumes  des soci\u00e9t\u00e9s europ\u00e9ennes les plus \u00e9volu\u00e9es, ainsi qu&rsquo;un bagage culturel pr\u00e9cieux. J&rsquo;ai lu qu&rsquo;il  existait des salons litt\u00e9raires, des salons o\u00f9 l&rsquo;on faisait de la musique, qui rendaient agr\u00e9ables les soir\u00e9es des familles bourgeoises, mais aussi d&rsquo;initiatives pour distraire les personnes plus modestes. Aux initiatives priv\u00e9es succ\u00e9da bien vite, en 1826, la premi\u00e8re structure destin\u00e9e \u00e0 accueillir le public, quand ouvrit ses portes le Th\u00e9\u00e2tre Tapia \u00e0 la Rue Zarkoun, cr\u00e9\u00e9 par la famille de m\u00eame nom.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;\u00e9tait gu\u00e8re plus qu&rsquo;une grande pi\u00e8ce, d&rsquo;une capacit\u00e9 de 300 personnes environ, qui accueillait des spectacles lyriques avec des chanteurs venus d&rsquo;Italie pour la circonstance, qui s&rsquo;installaient \u00e0 Tunis pour la \u00ab\u00a0saison\u00a0\u00bb, mais aussi de concerts de diverse nature. Il \u00e9tait probable qu&rsquo;on y donnait des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre \u00e9galement. Pour l&rsquo;op\u00e9ra et les concerts, les ch\u009curs et l&rsquo;orchestre \u00e9taient stables et compos\u00e9s donc de membres de la communaut\u00e9 italienne Les effectifs de l&rsquo;orchestre \u00e9taient r\u00e9duits \u00e0 la plus simple expression, (j&rsquo;ai lu qu&rsquo;il pouvait s&rsquo;agir de 15 \u00e0 18 musiciens), qui suffisaient de toute mani\u00e8re \u00e0 rendre heureux les spectateurs qui accouraient de mani\u00e8re assidue et qui, avec leur comp\u00e9tence, confirmaient les qualit\u00e9s vocales ou musicales de nombreux d\u00e9butants ou en compromettaient de mani\u00e8re d\u00e9finitive la future carri\u00e8re.<\/p>\n<p>Bien que l&rsquo;information ne provienne pas d&rsquo;une source indiscutable, il para\u00eetrait que Enrico Caruso, alors tout \u00e0 fait au d\u00e9but de sa carri\u00e8re, est venu interpr\u00e9ter le r\u00f4le de Turiddu dans la \u00ab\u00a0Cavalleria Rusticana\u00a0\u00bb de Mascagni, et que cet \u00e9v\u00e9nement ait \u00e9t\u00e9 jalousement gard\u00e9 dans la m\u00e9moire de ceux qui eurent le privil\u00e8ge d&rsquo;assister \u00e0 ces repr\u00e9sentations.<\/p>\n<p>Pour les besoins de la chronique, je voudrais citer ce que me racontait ma grand-m\u00e8re maternelle, n\u00e9e en 1879 \u00e0 Tunis dans le Palais Gnecco \u00e0 la Rue de la Commission, \u00e0 savoir l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance du public qui accourait au Th\u00e9\u00e2tre Tapia. Elle me racontait avec moult d\u00e9tails comment elle s&rsquo;y rendait en famille, accompagn\u00e9e par des domestiques qui ouvraient le chemin en l&rsquo;\u00e9clairant de leurs lanternes: sa m\u00e8re et ses s\u009curs (comme toutes les autres dames et demoiselles) chaussaient de hauts sabots dits \u00ab\u00a0trampoli\u00a0\u00bb, pour ne pas souiller les escarpins de satin  qu&rsquo;elles portaient \u00e0 la main, dans un petit sac, en marchant avec difficult\u00e9 sur les pav\u00e9s souvent irr\u00e9guliers des rues et ruelles qui menaient au Th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p>Ce th\u00e9\u00e2tre v\u00e9cut jusqu&rsquo;aux derni\u00e8res ann\u00e9es du 19\u00e8me si\u00e8cle, c&rsquo;est \u00e0 dire jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;apparurent des structures plus adapt\u00e9es au but \u00e0 atteindre, aussi bien \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;enceinte de la M\u00e9dina, qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, dans la ville qui naissait sur des terrains bonifi\u00e9s, r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s sur le Lac Bahira.<\/p>\n<p>**A partir de 1826 jusqu&rsquo;aux premi\u00e8res ann\u00e9es qui ont suivi l&rsquo;instauration du protectorat fran\u00e7ais, la vie culturelle avait une sp\u00e9cificit\u00e9 plus particuli\u00e8rement italienne et, en t\u00e9moignage de sa vitalit\u00e9, il faut citer les<br \/>\ndivers th\u00e9\u00e2tres qui existaient \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la M\u00e9dina (m\u00eame s&rsquo;ils \u00e9taient moins importants que le Th\u00e9\u00e2tre Tapia), comme le \u00ab\u00a0Th\u00e9\u00e2tre Italien\u00a0\u00bb de la Rue Zahmoul (disparu en 1919\/1920), destin\u00e9 \u00e0 la prose, ou celui de la Rue Sidi El Benna, dans la quartier de Bab Jedid (disparu en 1940\/1941), install\u00e9 dans un quartier \u00e0 forte densit\u00e9 sicilienne, destin\u00e9 surtout \u00e0 la prose en dialecte ou \u00e0 l&rsquo; \u00ab\u00a0Opera dei Pupi\u00a0\u00bb (ou Th\u00e9\u00e2tre des Marionnettes siciliennes), dont je garde un souvenir de tout jeune enfant. D&rsquo;autres lieux existaient mais les identifier et en documenter l&rsquo;activit\u00e9 avec certitude  n\u00e9cessiterait une recherche approfondie, qui ne rentre pas dans mes possibilit\u00e9s pr\u00e9sentes. Je citerai quand m\u00eame le \u00ab\u00a0Grand Th\u00e9\u00e2tre\u00a0\u00bb de la Rue Al Jazira, cr\u00e9\u00e9 en 1876 dans les locaux offerts par le Bey \u00e0 la collectivit\u00e9 italienne, destin\u00e9 \u00e0 la musique symphonique, disparu avant 1899, et le \u00ab\u00a0Nouveau Th\u00e9\u00e2tre\u00a0\u00bb ou Th\u00e9\u00e2tre Cohen, cr\u00e9e en 1875, consacr\u00e9 lui aussi \u00e0 la musique classique.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai parl\u00e9 ci-dessus de vie culturelle plus particuli\u00e8rement italienne parce que l&rsquo;\u00e9crasante majorit\u00e9 des europ\u00e9ens qui vivaient alors \u00e0 Tunis \u00e9taient d&rsquo;origine italienne. Apr\u00e8s 1881 Tunis est devenue de plus en plus cosmopolite et, si l&rsquo;identit\u00e9 culturelle italienne continua \u00e0 exister, elle ne devint qu&rsquo;une importante composante de la vie de la ville.<\/p>\n<p>Cette importance est t\u00e9moign\u00e9e par d&rsquo;innombrables \u00e9l\u00e9ments, que je pourrais citer d&rsquo;une mani\u00e8re plut\u00f4t sommaire, mais dont la connaissance devrait \u00eatre approfondie.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s 1881 la ville commen\u00e7ait \u00e0 s&rsquo;\u00e9tendre en dehors des murs, et plus particuli\u00e8rement vers l&rsquo;est, sur des terrains mar\u00e9cageux, au fur et \u00e0 mesure de leur ass\u00e8chement, et c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;apparurent les rues Hamilcar, Charles de Gaulle (nagu\u00e8re d&rsquo;Italie), Gamal Abdelnasser (nagu\u00e8re Es-Sadikia), de Hollande, de Gr\u00e8ce, de Carthage, vers le sud, de Rome, d&rsquo;Alger, Bach Hamba (nagu\u00e8re Saint Charles), de Paris, vers le nord, mais surtout l&rsquo;Avenue de France et l&rsquo;Avenue Habib Bourguiba (d&rsquo;abord baptis\u00e9e \u00ab\u00a0de la Marine\u00a0\u00bb, puis \u00ab\u00a0Jules Ferry\u00a0\u00bb). Ces rues et avenues portent toujours les traces pr\u00e9cieuses de l&rsquo;\u009cuvre d&rsquo;architectes, souvent italiens, et d&rsquo;entreprises et ouvriers italiens.<br \/>\n<img src=https:\/\/carnottunis.com\/photos\/T.jpg ><br \/>\nPendant cette p\u00e9riode, la population connaissait un d\u00e9veloppement rapide et important, dont je donnerai quelques indications chiffr\u00e9es en marge; cet accroissement, qui voyait la communaut\u00e9 italienne atteindre environ 50.000 habitants en 1899, \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;origine d&rsquo;une grande effervescence dans tous les domaines et d&rsquo;un d\u00e9veloppement exceptionnel de l&rsquo;activit\u00e9 culturelle.<\/p>\n<p>En 1882 \u00e9tait cr\u00e9e le th\u00e9\u00e2tre de plein air italien appel\u00e9 \u00ab\u00a0Arena Politeama\u00a0\u00bb \u00e0 la Rue de Belgique, qui a toujours \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9 \u00e0 chaque saison, pendant toute la dur\u00e9e de son existence. Presque en m\u00eame temps \u00e9tait cr\u00e9e \u00e0 la Rue M&rsquo;hamed Ali (nagu\u00e8re de Constantine, parall\u00e8le de l&rsquo;Avenue de France, qui reliait la Rue des Maltais \u00e0 la Rue de Rome) le Th\u00e9\u00e2tre Cohen-Tanuji, \u00e0 l&rsquo;initiative d&rsquo;une famille de juifs tunisiens fortement italianis\u00e9s, tr\u00e8s raffin\u00e9s et cultiv\u00e9s, o\u00f9 furent donn\u00e9s pendant de longues d\u00e9cades des spectacles en prose et musicaux de nette influence italienne, et qui fut fr\u00e9quent\u00e9 avec assiduit\u00e9 par notre collectivit\u00e9.<\/p>\n<p>En 1885 ouvrit ses portes le \u00ab\u00a0Teatro Paradiso\u00a0\u00bb (ou Th\u00e9\u00e2tre Paradis) au 3, Avenue de France, d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l&rsquo;art lyrique, \u00e0 la musique symphonique et aux concerts, et \u00e9galement \u00e0 la prose. Il est possible aujourd&rsquo;hui encore d&rsquo;admirer sa fa\u00e7ade \u00e9l\u00e9gante, bien qu&rsquo;elle soit en partie masqu\u00e9e par les arbres, alors que son foyer et les escaliers frappaient jusqu&rsquo;aux ann\u00e9es 1952\/53 par leur beaut\u00e9 et la richesse des marbres et des fers forg\u00e9s artistiques. Malencontreusement, la banque qui \u00e9tait devenue propri\u00e9taire de l&rsquo;immeuble, fit alors recouvrir ces splendeurs par des structures en b\u00e9ton, froides et anonymes, pour une tr\u00e8s discutable modernisation.<\/p>\n<p>Trois grands \u00e9v\u00e8nements suivirent, de 1902 \u00e0 1906, avec l&rsquo;inauguration d&rsquo;abord du Th\u00e9\u00e2tre Municipal, qui existe toujours dans sa forme d\u00e9finitive de 1912, puis en 1903 du Th\u00e9\u00e2tre Rossini, tous deux situ\u00e9s Avenue Jules Ferry, enfin en 1906 du Th\u00e9\u00e2tre du Palmarium \u00e0 l&rsquo;Avenue de Carthage.<\/p>\n<p>Le Th\u00e9\u00e2tre Municipal, projet\u00e9 par l&rsquo;architecte fran\u00e7ais Resplandy et construit par une entreprise italienne, a \u00e9t\u00e9 remodel\u00e9 et agrandi en 1904 et en 1912 et a tout de suite constitu\u00e9 la r\u00e9alisation dont la Commune de Tunis s&rsquo;enorgueillissait. Sa naissance et sa vie depuis 1902 jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours ont \u00e9t\u00e9 racont\u00e9s par Fatma Ben Becheur dans un livre splendide \u00e9dit\u00e9 en 1999. Il a \u00e9t\u00e9 jumel\u00e9 pendant de longues ann\u00e9es avec l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris, et a ainsi b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du concours des meilleurs chanteurs du moment, qui venaient \u00e0 Tunis pour un cycle de repr\u00e9sentations ou pour toute une saison, en trouvant sur place des chefs d&rsquo;orchestre, des orchestres et des masses chorales stables et de qualit\u00e9.<\/p>\n<p>Si je me fie aux souvenirs acquis gr\u00e2ce \u00e0 ce que me racontaient ma grand-m\u00e8re maternelle ou mes parents (tous trois \u00e9pris de musique en g\u00e9n\u00e9ral et d&rsquo;op\u00e9ra en particulier), le Rossini \u00e9tait un th\u00e9\u00e2tre splendide et tout<br \/>\n\u00e0 fait fonctionnel, m\u00eame si la gestion priv\u00e9e des propri\u00e9taires et impresarios, Trionfo et Palomba, ne<br \/>\npermettait pas toujours de concurrencer le niveau des r\u00e9alisations du Th\u00e9\u00e2tre Municipal, qui  b\u00e9n\u00e9ficiait de contributions communales. Le chef d&rsquo;orchestre et les chanteurs venus d&rsquo;Italie pour toute une saison, \u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement de bon niveau, alors que l&rsquo;orchestre et les choristes \u00e9taient recrut\u00e9s sur place. On m&rsquo;a parl\u00e9 de repr\u00e9sentations m\u00e9morables et exaltantes. Vers la fin des ann\u00e9es 20, Trionfo et Palomba durent cesser leur activit\u00e9 \u00e0 cause de son poids \u00e9conomique trop important, et ainsi disparut un th\u00e9\u00e2tre dont la collectivit\u00e9 \u00e9tait fi\u00e8re. Le grand magasin de meubles Boyoud s&rsquo;installa alors dans ses murs jusqu&rsquo;en 1959\/1960, pour c\u00e9der la place au cin\u00e9ma Le Palace.<\/p>\n<p>On peut sourire en apprenant qu&rsquo;au Th\u00e9\u00e2tre Rossini tout le r\u00e9pertoire fran\u00e7ais \u00e9tait chant\u00e9 en italien, alors qu&rsquo;au Th\u00e9\u00e2tre Municipal tout le r\u00e9pertoire italien \u00e9tait chant\u00e9 en fran\u00e7ais, et il en a \u00e9t\u00e9 ainsi jusqu&rsquo;en 1952\/53.<\/p>\n<p>Le Th\u00e9\u00e2tre du Palmarium constituait la structure centrale dans le carr\u00e9 compos\u00e9 du Th\u00e9\u00e2tre Municipal, du Grand Caf\u00e9 du Casino et du grand h\u00f4tel international Tunisia Palace, dont les b\u00e2timents communiquaient tous entre eux. Il appartenait lui aussi \u00e0 la Municipalit\u00e9 de Tunis et \u00e9tait destin\u00e9 principalement \u00e0 la revue, au cabaret, \u00e0 l&rsquo;op\u00e9rette, au cin\u00e9ma, mais il  avait \u00e9galement en annexe un casino, au cours du premier quart du 20\u00e8me si\u00e8cle. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit par les bombardements de f\u00e9vrier 1943, il a \u00e9t\u00e9 reconstruit en 1947 pour  \u00eatre consacr\u00e9 presque exclusivement au cin\u00e9ma. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9moli dans les ann\u00e9es 90, ainsi que le Tunisia Palace, pour construire le  complexe commercial actuel.<\/p>\n<p>La contribution que la communaut\u00e9 italienne a donn\u00e9e au bon fonctionnement de ces trois \u00e9tablissements est tout \u00e0 fait remarquable, car l&rsquo;effectif des trois orchestres (plus de 150 musiciens) \u00e9tait compos\u00e9 de mani\u00e8re tr\u00e8s majoritaire de musiciens professionnels italiens; de nationalit\u00e9 italienne \u00e9taient \u00e9galement presque tous les choristes, les machinistes, les \u00e9lectriciens!!..<\/p>\n<p>On ne peut pas n\u00e9gliger le r\u00f4le fondamental jou\u00e9 par des artistes italiens pour la formation technique et l&rsquo;affirmation artistique d&rsquo;une foule de jeunes. Parmi des dizaines de noms, je citerai pour les premi\u00e8res trente ann\u00e9es du 20\u00e8me si\u00e8cle Monsieur Strino, violoniste talentueux, qui enseigna le violon et le chant, Monsieur Pullicino, Monsieur Salvatore Venezia, trompettiste virtuose et enseignant inflexible, qui forma entre autres pratiquement tous les membres de sa famille, de son fils Giuseppe (appel\u00e9 affectueusement Jou-Jou, pour \u00e9voquer le fait qu&rsquo;il avait \u00e0 toute heure de la journ\u00e9e son violon sous le menton, et qu&rsquo;il arpentait son appartement en faisant des gammes), aux neveux Jean Sant, violoniste \u00e9l\u00e9gant d&rsquo;une grande  musicalit\u00e9 g\u00e9n\u00e9reuse et fr\u00e9missante, et Guglielmo Gurrisi, fl\u00fbtiste expressif et subtil (\u00e0 lui \u00e9galement on avait affubl\u00e9 un surnom amusant, Frin-Fri, car tout comme son cousin Giuseppe, il avait \u00e0 tout moment sa fl\u00fbte aux l\u00e8vres). Je ne voudrais pas oublier parmi les tr\u00e8s nombreux autres \u00e9l\u00e8ves de Salvatore Venezia un violoniste tr\u00e8s raffin\u00e9 et un peu pr\u00e9cieux, Armand \u00ab\u00a0Sarino\u00a0\u00bb De Carlo, dont le p\u00e8re, un des plus grands tailleurs de Tunis  avec mon grand-p\u00e8re maternel Domenico Cellura (son vis-\u00e0-vis au 4, Rue d&rsquo;Alger), avait en vain essay\u00e9 de contrecarrer sa vocation pour en faire un bon tailleur, et mon propre oncle Angelo Cellura.<\/p>\n<p>Giuseppe Venezia a \u00e9t\u00e9 pendant de longues ann\u00e9es premier violon dans l&rsquo;orchestre de Santa Cecilia \u00e0 Rome, puis est revenu \u00e0 Tunis dans les ann\u00e9es 70, en devenant kappelmeister de l&rsquo;orchestre de la Ville de Tunis. Sant, Gurrisi, De Carlo (e Boccanera, fac\u00e9tieux bassoniste, et bien d&rsquo;autres) ont constitu\u00e9 l&rsquo;ossature du grand orchestre symphonique de Tunis, reconstitu\u00e9 par Luis Gava en 1946, puis, apr\u00e8s sa dissolution en 1957\/58, de l&rsquo;orchestre du Centre Culturel International, voulu par Cecil Hourani, cr\u00e9\u00e9 par Anis Fulheian, qui a cess\u00e9 son activit\u00e9 en 1969.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la disparition du Th\u00e9\u00e2tre Rossini, de toute mani\u00e8re, la vie culturelle italienne dans le domaine musical se confond et se fond avec celle de tous les autres strates de la population cosmopolite de Tunis, avec sans doute une empreinte plus particuli\u00e8rement fran\u00e7aise. La p\u00e9riode allant de 1947, c&rsquo;est \u00e0 dire de la date de pleine reprise de l&rsquo;activit\u00e9 musicale, op\u00e9ristique, concertiste et chambriste, \u00e0 nos jours pourrait probablement et utilement faire l&rsquo;objet d&rsquo;une publication ult\u00e9rieure.<\/p>\n<p>On ne peut pas taire, pendant ce long laps de temps, la dense activit\u00e9 de la \u00ab\u00a0Dante Alighieri\u00a0\u00bb, cr\u00e9\u00e9e en 1893, qui, en plus de l&rsquo;\u009cuvre infatigable accomplie pour maintenir l&rsquo;italianit\u00e9 de la communaut\u00e9 qui r\u00e9sidait en Tunisie, pour lui consentir notamment de d\u00e9velopper la connaissance de la litt\u00e9rature italienne, a eu un r\u00f4le consid\u00e9rable pour la diffusion et l&rsquo;approfondissement de la culture musicale, en organisant des concerts aussi bien dans son si\u00e8ge primitif de la Rue Zarkoun, puis dans le nouveau et prestigieux si\u00e8ge b\u00e2ti dans les ann\u00e9es 1933\/34 \u00e0 la Rue Thiers (aujourd&rsquo;hui Rue Ibn Khaldoun &#8211; ce si\u00e8ge fut mis sous s\u00e9questre en 1943 par les Autorit\u00e9s du Protectorat et attribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Alliance Fran\u00e7aise, pour devenir apr\u00e8s 1956 la Maison de la Culture Ibn Khaldoun). Le Conservatoire de Musique que la Dante Alighieri cr\u00e9a fut d&rsquo;abord dirig\u00e9 de mani\u00e8re remarquable par Madame Coen, venue express\u00e9ment de Rome dans ce but, alors que son dernier directeur a \u00e9t\u00e9 le Maestro Tito Aprea, qui fit une carri\u00e8re prestigieuse apr\u00e8s sont retour en Italie en 1943.<br \/>\nCe Conservatoire a \u00e9t\u00e9 fr\u00e9quent\u00e9 par de nombreux \u00e9l\u00e8ves non seulement italiens mais \u00e9galement appartenant aux Collectivit\u00e9s fran\u00e7aise et juive tunisienne, ce qui a permis \u00e0 des enseignants souvent talentueux de former de tr\u00e8s nombreux musiciens, dont plusieurs devinrent des professionnels tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9s.<\/p>\n<p>Il est \u00e9vident qu&rsquo;au cours des deux si\u00e8cles \u00e9coul\u00e9s la collectivit\u00e9 italienne a donn\u00e9 vie \u00e0 une intense activit\u00e9 dans le domaine de la prose, avec la pr\u00e9sence \u00e0 certains moments de nombreuses compagnies d&rsquo;acteurs amateurs enthousiastes, mais \u00e9galement gr\u00e2ce aux troupes venues d&rsquo;Italie. Apr\u00e8s   1939 ce fut le silence; vers 1950\/51 reprit l&rsquo;activit\u00e9 des compagnies d&rsquo;amateurs, puis dans les ann\u00e9es 1953\/54 il y eut une timide reprise des tourn\u00e9es, mais elle ne fut pas durable. Je ne suis toutefois pas la personne la plus qualifi\u00e9e  pour parler de prose, et je serai heureux si d&rsquo;autres que moi   se proposaient d&rsquo;explorer ce domaine tr\u00e8s important dans la vie de notre collectivit\u00e9. En ce qui concerne l&rsquo;\u00e9cole, c&rsquo;est l\u00e0 un domaine tr\u00e8s vaste, qui est trait\u00e9 s\u00e9par\u00e9ment par des sp\u00e9cialistes.<\/p>\n<p>Les indications fournies ci-dessus sont certainement pleines de lacunes et insuffisamment pr\u00e9cises. C&rsquo;est pourquoi je les ai qualifi\u00e9es de sommaires; elles ont surtout pour but de constituer les pr\u00e9mices \u00e0 un travail collectif beaucoup plus approfondi. <\/p>\n<p>Pour compl\u00e9ter le panorama des possibilit\u00e9s culturelles offertes \u00e0 Tunis nagu\u00e8re, je crois n\u00e9cessaire de citer quelques autres th\u00e9\u00e2tres qui eurent une vie plus ou moins heureuse et durable :<\/p>\n<p>&#8211; le \u0093Th\u00e9\u00e2tre Fran\u00e7ais\u0094 situ\u00e9 68, Avenue Jules Ferry, cr\u00e9e en 1882, destin\u00e9 \u00e0 la prose<br \/>\n&#8211; le \u0093Petit Th\u00e9\u00e2tre\u0094 de Douchet  Avenue Jules Ferry, qui v\u00e9cut de  1898 \u00e0 1902, destin\u00e9 \u00e0 la prose<br \/>\n  fran\u00e7aise<br \/>\n&#8211; le \u0093Th\u00e9\u00e2tre Tunisien\u0094, situ\u00e9 39, Avenue Jules Ferry, cr\u00e9\u00e9 en 1901, destin\u00e9 \u00e0 la prose<br \/>\n&#8211; le \u0093Caf\u00e9 Th\u00e9\u00e2tre Egyptien\u0094, situ\u00e9   38, Avenue Jules Ferry, cr\u00e9\u00e9 en 1900, destin\u00e9 \u00e0 la prose en<br \/>\n  langue arabe<br \/>\n&#8211; le\u0093Caf\u00e9 Th\u00e9\u00e2tre de la Monnaie\u0094, cr\u00e9\u00e9 en   1890, disparu en 1914<br \/>\n&#8211; le \u0093Teatro Italiano\u0094 de la Rue de Turquie, dit  \u00ab\u00a0Circolo artistico\u00a0\u00bb,  contigu au journal L\u0092Unione,<br \/>\n  cr\u00e9\u00e9 avant   1900, disparu en   1943, destin\u00e9 \u00e0 la prose et aux variet\u00e9s<br \/>\n&#8211; le \u0093Th\u00e9\u00e2tre de plein air\u00a0\u00bb   de l\u0092Avenue Jules Ferry, sur le  site actuel du   Minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur,<br \/>\n  destin\u00e9 \u00e0 des spectacles de variet\u00e9 mais aussi  \u00e0 des match de catch<br \/>\n&#8211; le \u0093Th\u00e9\u00e2tre de plein air\u00a0\u00bb    du Passage, cr\u00e9\u00e9 en 1908, disparu aux environs de  1930<br \/>\n&#8211; le \u0093Th\u00e9\u00e2tre\u0094 de l\u0092Avenue Lucien Saint (aujourd&rsquo;hui du Ghana), disparu dans les ann\u00e9es 20<br \/>\n&#8211; le \u0093Th\u00e9\u00e2tre Mondial\u0094, situ\u00e9   Rue Thiers (aujourd&rsquo;hui Ibn Khaldoun), cr\u00e9\u00e9 en   1910, destin\u00e9 \u00e0 la<br \/>\n  prose et aux  variet\u00e9e, transform\u00e9 en 1934\/35 en cin\u00e9ma , toujours existant<br \/>\n&#8211; le \u0093Th\u00e9\u00e2tre  du Casino\u0092 de Hammam-Lif\u0094, cr\u00e9\u00e9 en 1898, destin\u00e9 \u00e0 la prose et variet\u00e9s, disparu<br \/>\n  dans les ann\u00e9es 40<br \/>\n&#8211; le \u0093Th\u00e9\u00e2tre de Khereddine\u0094, cr\u00e9\u00e9 en 1899, destin\u00e9 \u00e0 des spectacles   lyriques (avec un orchestre de 6\/7<br \/>\n  musiciens !!!&#8230;) ou de variet\u00e9, tr\u00e8s frequent\u00e9 du mois de juin  au mois de  septembre par une client\u00e8le<br \/>\n  tr\u00e8s \u00e9l\u00e9gante qui d\u00eenait au champagne apr\u00e8s le spectacle dans le tr\u00e8s renomm\u00e9   restaurant, disparu<br \/>\n  dans les ann\u00e9es 1914\/15. En 1905, le d\u00eener tr\u00e8s raffin\u00e9, digne des meilleurs restaurants parisiens (sic)<br \/>\n  coutait 5 francs !!..<\/p>\n<p>Additif &#8211; Donn\u00e9es d\u00e9mographiques sommaires, communiqu\u00e9es pour donner quelques bases utiles \u00e0 la reflexion :<\/p>\n<p>&#8211; Au d\u00e9but du 19\u00e8me si\u00e8cle,environ 1.500 italiens residaient de mani\u00e8re permanente \u00e0 Tunis, \u00e0 l\u0092interieur<br \/>\n  de la M\u00e9dina,  alors que les fran\u00e7ais \u00e9taient une centaine (m\u00eame si parfois c&rsquo;\u00e9tait des sujets de Royaumes<br \/>\n  ou Granduch\u00e9s italiens, au service des Chambres de Commerce ou des Comptoirs fran\u00e7ais,<br \/>\n  devenus citoyens  fran\u00e7ais apr\u00e8s 1789: c&rsquo;\u00e9tait le cas des g\u00eanois Gandolfo, envoy\u00e9s \u00e0   Tunis vers 1650<br \/>\n  comme repr\u00e9sentants   de la R\u00e9pu blique de G\u00eanes devenus citoyens fran\u00e7ais, en transformant leur nom en<br \/>\n  Galdolphe, lorsque  Napoleon Bonaparte reunit  G\u00eanes et le Piemont \u00e0 la France; un dernier membre de<br \/>\n  cette famille vit toujours \u00e0  Tunis). Au cours du 19\u00e8me si\u00e8cle, leur nombre est all\u00e9 croissant r\u00e9guli\u00e8rement,<br \/>\n  pour conna\u00eetre une tr\u00e8s forte augmentation avec l&rsquo;\u00e9migration provenant du sud \u00e0 partir de 1870.<\/p>\n<p>&#8211; En 1880, la ville de   Tunis semble avoir compt\u00e9 entre 40 et 50 mille habitants, parmi lesquels les italiens<br \/>\n  \u00e9taient au moins    4 mille et les  fran\u00e7ais quelques centaines. Apr\u00e8s 1881avec l\u0092expansion de la ville hors<br \/>\n  des    murs, la population a connu une augmentation rapide et importante.<\/p>\n<p>&#8211; Le recensement de  1906 donne les chiffres suivants,  spectaculaires:<br \/>\n&#8211; population globale du pays = 1.900.000 habitants, dont 1.703.142 tunisiens musulmans, 64.170 juifs<br \/>\n   tunisiens, 81.156 italiens, 36.610 fran\u00e7ais, 10.330 maltais, ainsi que des   grecs, des espagnols, etc. etc.<br \/>\n&#8211; population de Tunis et alentours  = 400.024 habitants, dont  52.076 italiens, 18.626 fran\u00e7ais , 5.000<br \/>\n  maltais.<\/p>\n<p>Qui pourrait imaginer aujourd&rsquo;hui, \u00e0 l&rsquo;aube du 21\u00e8me si\u00e8cle, l&rsquo;intensit\u00e9 de la vie culturelle que connaissait la communaut\u00e9 europ\u00e9enne de Tunis, surtout italienne, il y a 110 &#8211; 120 ans, alors que la ville \u00e9tait presque enti\u00e8rement enserr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de ses murailles.<\/p>\n<p>extrait du volume \u00ab\u00a0Memoria della Collettivit\u00e0 Italiana\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>sur la vie culturelle \u00e0 Tunis au 19\u00e8me si\u00e8cle et dans le premier tiers du 20\u00e8me si\u00e8cle traduit de l&rsquo;italien par Daniel PASSALACQUA (lc1947 sc.ex) Bab el B&rsquo;har, ou Porte de la Mer, aujourd&rsquo;hui d\u00e9nomm\u00e9e \u00e9galement Porte de France, en &hellip; <a href=\"https:\/\/carnottunis.com\/?p=2092\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[13],"tags":[143,130,133,134,77,78,122,80,79,65,36,38,39,42,43,45,46,61,95,112,127,117,119,118,33,146,109,114,69,24,29],"class_list":["post-2092","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-tunis","tag-143","tag-130","tag-133","tag-134","tag-77","tag-78","tag-122","tag-80","tag-79","tag-65","tag-36","tag-38","tag-39","tag-42","tag-43","tag-45","tag-46","tag-61","tag-95","tag-7eme","tag-9eme","tag-classe","tag-concert","tag-francais","tag-juifs","tag-music","tag-musique","tag-premiere","tag-tunis-2","tag-tunisie","tag-voyage"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/carnottunis.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2092","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/carnottunis.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/carnottunis.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carnottunis.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carnottunis.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2092"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/carnottunis.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2092\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/carnottunis.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2092"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/carnottunis.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2092"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/carnottunis.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2092"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}