« Chronique Ifriquiennes » à Montpellier

Le thème, autobiographique et historique, parle du passage des frontières (culturelles,politiques, spirituelles, affectives …) : « Du crépuscule de l’époque coloniale en Tunisie, au bel été en terre languedocienne, en passant par les soubresauts de la décolonisation, la petite histoire d’une famille méditerranéenne islamo-chrétienne et multiculturelle rejoint la valse des temps, entre Afrique du Nord et Europe du Sud ».

Edité par Bizarre.fr Editions, Collection « Témoignages »,2004, , 30 Avenue Saint Lazare, 34000, Montpellier Tél : 04 67 794 078, Mob : 06 08 720 279
Hatim JAIBI-RICCARDI débat Le Jeudi 10 Mars 2005 a 20h30 de son livre « Chroniques Ifriquiennes » au Centre 665, 665 Route de Mende à Montpellier (04 67 63 21 68,centre.665@wanadoo.fr).

Histoire de Ian van ***, Gentilhomme de Flandre ou le Théâtre du péché d’Adrien SALMIERI

Suborneur, maquereau, tricheur et assassin, brigand hier, galérien aujourd’hui, mercenaire demain, Ian, jeune aventurier flamand, embrasse l’islam, si nécessaire, comme il embrasse les garçons: sans états d’âme. Casanova, qu’il a dû croiser à Venise, était un enfant de choeur à côté du héros de cette sulfureuse «Histoire de Ian van ***, Gentilhomme de Flandre ou le Théâtre du péché» (Editions de Corlevour, 97, rue Henri-Barbusse, 92110 Clichy, 22,50 euros).
L’auteur, c’est Adrien Salmieri. Issu de la communauté italienne de Tunisie, ce romancier et historien a connu son heure de gloire dans les années 1970 avec «le Soldat», «Elpénor, la nuit», ou «Chronique des morts» (Julliard). Depuis, il avait disparu. Il revient et on s’en félicite! Alors que la plupart des auteurs de romans historiques mettent des costumes d’autrefois aux personnages d’aujourd’hui, il reconstitue aussi bien la langue que la pensée des citoyens de la Sérénissime au xviiie siècle. Faussaire de génie, il peint sous nos yeux un Guardi.
Jacques Nerson (le nouvel Observateur du 17 février 2005)
Editions de Corlevour (2005)

Heureux mortels, chronique d’une enfance tunisienne de Jean BELLAICHE

Heureux mortels, ainsi apparaissent à Nessin de Paz les personnages cosmopolites, Juifs, Chrétiens, Musulmans, dans la Tunis coloniale d’avant la Seconde Guerre mondiale, qui l’entourent, le captivent, l’initient à l’amour, au sexe, à l’écriture. Leur bonheur, que la guerre vient fracasser, il le ressuscite dans son souvenir.
Ainsi commence la saga d’une vingtaine de personnages que la vie lie les uns aux autres puis sépare, brassés et poussés par le Temps jusqu’à la fin du siècle, en France, en Afrique du Nord, au Proche-Orient, aux Etats-Unis, en Russie, des camps nazis à la décolonisation, de l’après-guerre à la fondation d’Israël.
aux Edition La Bruyère (2004)

Avis de recherche Terminale C de 1969-1970

· Lucien BISMUTH* Paris Chirurgien-dentiste
· René ADAMO France
· Afif CHELBI* Tunis Ingénieur actuellement Ministre
· Alain CAPIZZI Paris Ingénieur Centre de recherches
· Louis GARZA* Tunis Responsable Audiovisuel Lycée
· Antoine GARCIA
· ESSORABAC ? France Ingénieur
· THALEB France Ingénieur
· Abderrazak SAHLI Tunisie Médecin
· TIJANI Ingénieur British Gaz
· Marc ZARKA Israël Pilote
· Alexander STANCIC Lyon ? Médecin
· Serge VALENSI
· MOUSSA France
· Khaled LARABI* Tunis Médecin
· Mustapha El HADDAD* Tunis Ingénieur
· Jean-Yves CHAMPAGNE Lyon
· Walid DAOUD France
· Panayote TSELIKAS* Grèce Ingénieur Informaticien
· Leila GHEDIRA* Pharmacienne
· Samira CHTIOUI
· BESTAYLA ?
· « Le gros »
· Annie FARGEON « la Belle »
· DJAÏBI Tunis Pharmacien
· Ali BELHADJ Tunis Cardiologue Hôpital militaire
· GOZLAN
· Claude SITBON* Paris Biologiste
· Silvio SALERNO (décédé en 71)
· Ben GHACHEM
· Saïd BEY Tunis
· Lionel EVRARD* Pau

*retrouvé.

PROFESSEURS

Mme LASSUS (Français)
Pour faire une surprise au « Grec », si vous avez une quelconque piste pour retrouver un élève ou professeur de cette fameuse terminale C de l’année 1969.1970, n’hésitez pas à nous contacter.
Cliquez sur suite pour voir la liste en l’état des recherches

Recherche les descendants de notables français (années20 à 40)

Il nous indique que les archives sur les Français du Maroc et de Tunisie ne sont guère nombreuses et qu’une partie de sa recherche se traduit par la quête d’archives privées et/ou d’entretien avec les enfants voire petits-enfants des personnes sur lesquelles il travaille.
Dans ce cadre, il souhaite entrer en relation avec les descendants des personnes dont la liste suit. La plupart occupait des fonctions importantes au sein des commissions municipales, des chambres de commerce ou d’agriculture ect…):

Nom et ville :

BAIZEAU Lucien TUNIS
BENA Henri SFAX
BLANC Léon MEDJEZ EL BAB
BOUCHER Jean SFAX
CHATEL Achille SFAX
CLABE Henri SOUSSE
COUDERC Henri SFAX
CURTELIN Jean Baptiste TUNIS
DUCURTIL Florian LE GOUBELLAT
FORT Albert BIZERTE
GAGNE Narcisse BEJA
GAUDIANI Antoine TUNIS
GAUFFRETEAU Joseph ZARZIS
GERARD Joseph SFAX
GALLINI SOUSSE/SFAX
GOUNOT André TUNIS
GOUTTENOIRE Jean SOUSSE
GUEDENEY Pierre ZAGHOUAN
GUILLON Albert LA MANOUBA
HUGON Cyrille BEJA
LABADIE Auguste TUNIS
MARCHEGAY Charles MATEUR
MARTEL Charles TUNIS
MARTINIER Aimé TUNIS
MORELLI Alphonse FERRYVILLE
PAOLI François SFAX
PARRENIN Paul TUNIS
PEIGNON Jules SOUK EL ARBA
PELLET César TUNIS
PELLETIER Louis RADES
PELONI Jean TUNIS
REVIL Jean TEBOUSOUK
RIBEREAU Fernand TAKELSA
TARDY Seraphin MORNAG
VENEQUE Robert TUNIS
VENTRE Jean TUNIS
VERNISSE Pierre BIZERTE

Si vous êtes un des descendants ou en relation avec l’un d’eux, merci de nous laisser un message au 06 20 88 40 52 ou un mail à alct@free.fr
David Lambert, chargé de recherche au CNRS, doctorant à l’Université Paris 1, a entrepris la rédaction d’une thèse de doctorat sur les notables français dans l’entre-deux guerres au Maroc et en Tunisie sous la direction du professeur Daniel Rivet (Université Paris 1).

Ne pas oublier Palerme …et y revenir !

Il est vrai que la période était particulièrement bien choisie : le printemps méditerranéen-un vrai printemps, pas un printemps de poètes ! avait fait exploser des tapis de fleurs sauvages, mauves, jaunes, rouges sur les flancs des vallées verdoyantes ; le ciel était avec nous, une température idéale pour les visites des temples sous le soleil, pour des déjeuners ou dîners sur des terrasses au bord de la mer.

Le lendemain de notre arrivée, nous avons embarqué pour les îles Eoliennes, les bien- nommées : certains d’entre nous n’oublieront pas cette promenade en mer !
Plusieurs tentèrent l’ascension vers l’ un des cratères à Vulcano ; un seul parvint jusqu’au sommet, le même qui bravera sans dommagele lendemain les vagues bondissantes de Cefalu ; d autres courageux s’y risquèrent aussi qui le regrettèrent !
Après une visite de Messine et l’étape à Cefalu, nous avons dormi à Palerme trois nuits d’affilée, ce qui nous a permis d’allier culture et shopping . A Palerme, une surprise fort sympathique : Jean Graffeo, un ancien de Carnot installé dans cette ville, ayant eu vent de notre présence à travers www.carnottunis.com, est venu partager notre petit déjeuner.
Sur Agrigente et sa vallée des temples, sur Syracuse et son théâtre gréco-romain, et ses ruelles où il fait bon se perdre, sans oublier les superbes mosaïques de la Villa Casale à Piazza Armerina, tout a déjà été écrit. A l’hôtel de Syracuse, nous avons pu – grâce aux talents conjugués de nos deux pianistes émérites, Marcel et Michel – faire chanter Gabriele notre guide sicilien; il nous a même enseigné l’hymne de sa région, ce qui nous a permis de produire notre petit effet quand, dans un restaurant, des musiciens en ont joué la mélodie !
La veille de notre retour à Paris, le soleil nous a un peu fait défaut : personne n’a souhaité tenter l’ascension de l’Etna, la visibilité étant nulle, et nous avons visité Taormine sous un ciel plutôt nuageux, mais nous y reviendrons sans doute pour admirer une fois de plus son incomparable panorama.
Beaucoup de chaleur et d’amitié, rires partagés, complicité, références communes, sans oublier quelques excellentes leçons d’histoire ancienne et contemporaine distillées par Gabriele qui a su nous faire partager son amour pour sa belle île. Tous les ingrédients étaient réunis :ce fut un beau voyage !
Dinah Brami
L’organisateur de notre circuit nous l’avait promis : « La Sicile reste encore une destination qui permet de rêver » et les trente et un participants à ce voyage en sont tombés d’accord.

Appel à témoignages

N’hésitez pas à les envoyer soit par écrit, soit sous enregistrement audio (ALCT, 18 champs Elysées, 75008 Paris) et à madame Hentati danielle.hentati@hexabyte.tn

Dans le cadre du « club Histoire » du Lycée français Pierre Mendès-France de Mutuelleville (Tunis), les responsables, Mesdames Hentati (professeur honoraire du lycée) et Pinchon-Falcone recherchent tout témoignage sur:
1. Les Juifs internés dans les camps en Tunisie de
décembre 1942 à mai 1943
2. Le Lycée Carnot pendant la 2ème guerre mondiale.

Claude Rizzo, le maltais de Bab-El-Khadra



Lorsque l’on évoque ces mots et expressions : Malta srira – Malta hanina – Malta fior del mondo – Ras marbouta – Laham bla melh – Le cocher maltais – Le Huttab maltais – Café Licari – Va faire des cages à
Claude Rizzo dans son roman foisonnant et picaresque le Maltais de Bab-El-Khadra, paru chez Michel Lafon, restitue avec maestria l’atmosphère de l’époque : les dernières années du protectorat, dans un des quartiers les plus populaires de Tunis, à travers un gamin de huit ans, Gaëtan Vella. Celui-ci se refuse à devenir cocher, comme la plupart de ses copains maltais. Il veut être chef. Il a d’ailleurs déjà une bande de gosses qui livrent en brouette les personnes âgées du coin. Mais cela ne suffit pas : il faut être instruit, pour réussir. C’est auprès de tante Ménouna, une vieille fille d’apparence acariâtre mais qui fond de tendresse pour le gamin ambitieux, que Gaëtan fait ses classes et apprend également l’histoire de ses ancêtres.
Ce dîner-débat a lieu jeudi 17 mars à 20h au restaurant de l’UNESCO, 7 Place de Fontenoy, à Paris 7ème (métro Ségur).
Claude Rizzo est notre invité jeudi 17 mars pour nous parler de son roman « le Maltais de Bab-El-Khadra » (Michel Lafon) et nous dévoiler des aspects peu connus des Maltais de Tunisie : quels quartiers habitaient-ils ? quels métiers exerçaient-ils ? quel rôle jouait l’église catholique ? la langue maltaise est-elle une langue sémite ? quelles relations entretenaient-ils avec les autres communautés ? les maltais de Tunisie, « français » malgré eux ?

Le Maghreb des livres à Paris


La Tunisie se taillera une place de choix notamment autour de tables-rondes et de débats : Saga de femmes de Tunisie à travers l’histoire par l’écrivain Alia Mabrouk, l’état du cinéma en Tunisie par le réalisateur Férid Boughedir, Enfances tunisiennes avec et autour de Colette Fellous, Férid Boughedir, Nicole Jean et Serge Moati; ainsi que dans les projections (films et documentaires), animations et expositions.
Avec quelque deux cents auteurs qui se plieront à la coutume des dédicaces : dont Abdelhaziz Belkhodja, Jean Daniel,Colette Fellous, Gisèle Halimi, Lina Hayoun, Yves Lacoste, Alia Mabrouk, Abdelouahab Meddeb, Albert Memmi, Nine Moati, Serge Moati, Cécile Oumhani, Fayçal Bey, Sapho, Benjamin Stora,Effy Tselikas, Pierre Vermeren, …

Salons de l’Hôtel de Ville de Paris le samedi 5 (12h à à 21 h) et le dimanche 6 février(de 11h à 20h).
Entrée libre.

C’est la Tunisie qui est à l’honneur au onzième « Maghreb des livres ». Cet évènement se déroule dans les grands salons de l’Hôtel de Ville de Paris le samedi 5 (12h à à 21 h) et le dimanche 6 février(de 11h à 20h).
Entrée libre.

« Peintres de Tunisie de 1900 à 1960 », à la mairie du 4ème

« Cette exposition, organisée par la Société d’Histoire des Juifs de Tunisie, présente les œuvres de peintres tant tunisiens qu’européens ayant exercé durant l’âge d’or de la peinture en Tunisie de 1900 à 1960. Les tableaux donnent la vision d’une Tunisie plurielle et ouverte sur les cultures du monde.
En réaction aux traditions juive et musulmane qui interdisaient la représentation de la figure humaine, Pierre Boucherle et ses amis peintres, fondèrent l’école de Tunis, en adoptant les techniques et les thèmes de la peinture occidentale dans une perspective d’humanisme et de tolérance.
Vous découvrirez les œuvres des pionniers, tels que Alexandre Fichet, Moses Lévy, Pierre Boucherle, Jules Lellouche, Yahia Turki, Abdelaziz Gorgi, et celles de la génération des peintres évoluant vers l’abstraction, comme Edgard Naccache, Victor Journo, Georges Koskas et Hedi Turki ».

Mairie du 4e, salle des fêtes
2, place Baudoyer
Paris4e
Métro Hôtel de Ville ou Saint-Paul ( par Mairie du 4e arrondissement)

Du lundi au vendredi 10h-18h ; le jeudi jusqu’à 19h30 ; samedi et dimanche 10h-12h et 14h-17h

Entrée libre
Hélène Sarfati-Leduc – anciennne de Carnot – fille du peintre Victor Sarfati, nous fait part de l’exposition intitulée « Peintres de Tunisie de 1900 à 1960, Visions et Mémoire ». Cette exposition a lieu du 4 au 14 Février dans la Salle des Fêtes de la Mairie du 4ème arrondissement de Paris.
Entrée libre.

TUNISIE, ma mémoire d’enfant – Joël CUENOT

Un grand et beau livre d’écrits et de photos pêchés au fond de la mémoire de Joël CUENOT (lc sec48), éditions Jöel CUENOT, Paris 1988.

Extrait : Du plomb dans l’abricot
« Mais tu vas te rendre malade !  »
s’exclame ma grand-mère, effrayée par ma goinfrerie. Cinq noyaux d’abricots sont posés dans mon assiette, j’en ai encore au moins trois dans la bouche et je tends déjà la main vers la corbeille. Vlan! Un coup de pied dans le tibia de mon frère, au sourire narquois. Lui, en face de moi, ne s’est pas fait remarquer alors qu’il a, j’ai bien compté, dépassé la douzaine.

A Tunis, c’est une passion, les abricots ! Chaque année, elle se ravive à l’arrivée des premiers fruits. Tous les gamins adorent les abricots, mais plus encore pour le noyau que les grands jette, que pour la chair ! Tout à l’heure, mes noyaux et la moitié de ceux de mes parents (l’autre moitié, c’est pour mon frère) iront grossir mon trésor, un sac de toile écrue, fermé d’un gros lacet.

A la  » récré « , je m’installe, le dos appuyé sur le mur, les jambes écartés et me mets à crier :
 » A la boutique, à la boutique, toujours on gagne, jamais on perd !  » . Ma boutique, c’est un rectangle dessiné à la craie sur le sol, entre mes jambes. Il est formé de trois carrés superposés ; à l’intérieur de chacun d’entre eux, j’ai écrit trois nombres : 1, 5 et 10. Le plus important est le plus éloigné du tireur qui, lui, va se placer derrière une ligne tracée à environ deux mètres. Il lance un noyau. Si celui-ci tombe à l’extérieur du rectangle, je me penche et je  » l’encaisse « . Si, par contre, il reste dans un carré, je dois non seulement restituer au tireur sa munition mais lui donner le nombre de noyaux indiqué dans la zone.

Il était prudent, avant d’ouvrir une boutique, d’avoir un  » capital  » permettant de faire face aux dettes. Si le mauvais sort s’acharnait contre  » le boutiquier  » qui voulait faire fortune en partant de zéro, ça se terminait par de violentes bagarres, seul moyen de régler de telles affaires d’honneur.

Il y avait d’autres jeux que la boutique. Pour jouer au  » castel  » on posait un noyau sur trois autres formant triangle. Le tireur qui réussissait à bousculer la petite pyramide avait gagné le tout. Mais, un jour, j’ai manqué faire faillite en jouant  » au long « . J’avais disposé une longue file d’au moins quinze noyaux à la perpendiculaire du mur où je m’appuyais, sachant que le tireur avait le droit d’empocher tous les noyaux se trouvant entre lui-même et celui qu’il avait bousculé.

Arrive un grand du Cé-ème-deux qui tire avec un projectile spécial mais tout à fait légal un gros noyau rempli de plomb. En deux coups, il rafle trente noyaux. Je dois fermer boutique, effrayé par l’ampleur du désastre, bien décidé cette fois, à devenir  » tireur « .

Après la classe, je rentre chez moi, en frottant sur les murs que longent les trottoirs, un gros noyau, rescapé de la défaite. Je n’ai pas fait cent mètres qu’il est usé ; par le trou, on aperçoit l’amande. Le trou suivant demande deux cent mètres, à cause des vitrines. Le dernier noyau, je le finis chez moi, sur les murs du balcon.

 » Papa, papa ! j’voudrais qu’tu m’fasses un plombé « . J’ai besoin de mon père, pour l’opération suivante. Une fois les noyaux vidés de leur amande, mon père fait fondre sur le gaz, dans une cuiller en fer, un morceau d’un tuyau de plomb. Ca sent le chaud, le métal brûlé, une odeur aussi âcre que celle que l’on respire dans les souks quand on s’arrête devant les ateliers des étameurs de récipients en cuivre.

Mon père pose un noyau troué sur un carreau de l’évier de la cuisine et, doucement verse dans l’orifice une coulée de métal fondu. Ca siffle, ça fume, ça sent le bois brûlé. Quand tout est refroidi, j’ébarbe le noyau et polis le bouchon de métal avec une lime fine.

Cette fois, je suis armé ! Demain j’entendrai les murmures des jaloux, des envieux qui me suivront de leur regard oblique. Si le conquérant, un jour, a perdu sa fortune, il sait, avec superbe en rebâtir une autre !

Le lendemain, le premier de mes noyaux plombés éclata dès qu’il toucha le sol, et les deux autres, quelques minutes après, connurent le même sort. Après une bonne colique, étape indispensable à la reconstitution d’un autre capital, je revins au statut très modeste de petit boutiquier.