VALENZA ANTOINE, PROFESSEUR DE MATHS


Nous avons la tristesse de vous apprendre son décès, lundi 27 avril ; une messe a été célébrée mercredi 29 avril à 16h à la Cathédrale de Tunis.
Nous présentons à sa famille et en particulier à Jean-Yves et Philippe Valenza, ses fils, nos plus sincères condoléances.
Vous pouvez apporter vos témoignages et amitiés sur le forum ou par mail à alct@free.fr
Antoine Valenza est né à Tunis le 26 septembre 1933. Il a été élève puis Professeur de Mathématiques au lycée Carnot ( photo de 1967 au lycée Carnot, envoyée par ..), au lycée Gustave Flaubert et à l’IHEC à Carthage.

Antoine VALENZA est Membre d’Honneur et Membre du Conseil des Sages de l’Association des Anciens Elèves du Lycée Carnot de Tunis et a été a été Premier Vice- président de l’association, section Tunis, de 1993 à 1996.
Antoine VALENZA a été Conseiller des Français de l’Etranger à l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE) et Président de l’Union des Français de l’Etranger section Tunisie (UFE) .

Photo et commentaire envoyés par Jean-Pierre SALMIERI : « voici une photo de l’ASF, vainqueur de la Coupe de basket de Tunisie en 1961 – Antoine est le 1er en haut à gauche N° 7 ».
Vous avez peut-être été l’élève ou le condisciple d’Antoine Valenza, Professeur de mathématiques au Lycée Carnot pendant plus de trente ans ?

CA SE PASSE COMME CELA AU « CABARET TUNE » (texte de Nadine TIBI)

(photo montage de Guy Sarfati)
Les talentueux maîtres de cérémonie, Danielle Toulemont et Philippe Tapia et les organisateurs Lina et Michel Hayoun ont offert aux nombreux invités un « Cabaret Tune » à la hauteur de leurs ambitions : poésie, histoires drôles , chansons : de Gershwin (Nadine Tibi) à Aznavour (Guy Sarfati) en passant par des airs de Bizet (David Serrero), de la guitare classique (Maurice Cohen-Jonathan) et du malouf (Syrine), de la maturité de compositions freudiennes (Fabien Franco) à l’attente de Madeleine (Yves Benacin) ; tout s’est enchaîné avec une dynamique et beaucoup de finesse dans l’humour (Jean Amella, Lucien Smadja), le charme (Virginie Dorade, Thu N’guyen, Denis Uzan) et l’émotion (Richard Dian).
La musique, au cœur de ce voyage, a fait revivre par magie un instant précieux, un souvenir disparu, un sentiment enfoui, guidée par les mots, tour à tour, drôles, émouvants, sensuels avec en fond de décor, la merveilleuse Tour Eiffel, revêtue de lumières scintillantes , rien que pour nos yeux…..
Graines d’artistes, artistes amateurs ou confirmés, tous ont donné la pleine mesure de leur talent à cette rencontre de genres et ont rivalisé d’élégance, d’énergie et de savoir-faire pour séduire le public ou pour un plaisir en partage, tout simplement…
Le jury ayant eu beaucoup de mal à départager les acteurs de cette grande fresque haute en couleurs , a attribué « l’unanimité des suffrages » , noblesse oblige, à chacun d’entre eux en leur remettant un prix bien mérité, couleur locale…..
Et le public conquis, en standing ovation, a chanté avec les artistes participants, prêt à être emmené au bout de la terre dans la fantastique tournée des comédiens, des chanteurs et musiciens, des poètes…….
Tard, dans la nuit, cet immense chœur d’inconditionnels de réjouissances a mis fin à la cérémonie des « TALENTS D OR CARNOT 2009 « , qui devrait être bi-annuelle pour le plaisir de tous ….
NADINE TIBI
www.nadine-tibi.odexpo.com
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POUR YVES BENACIN
Un attachement à de grands auteurs-compositeurs et un clin d’œil à Cookie Dingler, frère d’une ancienne de Carnot , dans un remake de la chanson « Femme libérée » ; une élégance , une guitare des plus mélodiques au bras de cet homme , spécialiste aussi des histoires de « cœurs » de par sa profession .
POUR VIRGINIE DORADE
Un regard posé sur une jolie paire de jambes qui fait oublier la tristesse de ses yeux bleus un peu mouillés par l’émotion quand elle chante de sa voix douce : « ne me quittes pas  » de l’immense Jacques Brel ; jamais, il ne te quittera, Virginie, tu es comme « la  » perle de ton sautoir de ce soir….POUR DENIS UZAN
Charme discret pour celui qu’on pourrait appeler PAUL pour accompagner VIRGINIE.
POUR LUCIEN SMADJA
Une histoire tragique se transforme en une drôle de comédie en donnant une couleur judéo-tunisienne aux textes d’Aznavour !
POUR THU NGUYEN
Des intonations qui se veulent « blues  » avec en « arrière plan de voix », la perception de sa culture musicale d’origine qui a donné une touche particulièrement harmonieuse à son interprétation des « Enchaînés » .
POUR JEAN AMELLA
Un sympathique conteur d’histoires grivoises tunisiennes ; mais pourquoi parler en euros ? Le dinar n’est-il pas la monnaie de là-bas ? en tout cas, ce n’était pas une histoire à deux sous non plus…..
POUR FABIEN FRANCO
Un talent d’auteur compositeur qui met en exergue de réelles connaissances de la condition humaine ; des nuances parfois cyniques à travers lesquelles il faut lire : aimez-moi pour moi ou bien désespérées avec un titre inquiétant « je vais me tuer », où passe un reel message d’espoir : la vie est belle et vaut la peine d’être vécue ..
POUR GUY SARFATI
L’ardent aznavourien de Carnot a interprété avec fougue et humour « Le blues du Dentiste » qu’il est et « Pour faire une Jam » ; ce « vif argent » à l’allure de latin lover a fait « pâmer » de plaisir la gent féminine ; AZNAVOUR n’a plus qu’à prendre sa retraite….
POUR DAVID SERRERO
Un jeune chanteur lyrique, hors concours, à la voix chaude , a chanté ,à capella, avec cette espèce d’attitude digne d’un toréador, deux extraits d’opéras célèbres de Bizet , repris en chœur par les voix des carmencita….. sous le charme !
POUR SYRINE BEN MOUSSA
Cette jeune jolie tunisoise, petite-fille d’un ancien de Carnot, a donné à entendre ses dons d’orfèvre acoustique , jouant avec la grâce de sa jeunesse, de l’oud, pour nous remémorer quelques chansons populaires tunisiennes oubliées
POUR MOI

« CARNOT AU COEUR » PAR SLAHEDINNE TLATI

« en 1949, photo des professeurs : M. Tlatli, 1ère rangée, 2ème à droite »
J’étais alors très loin de penser qu’il allait tenir une si grande place dans mon existence et que ces premiers pas scolaires allaient marquer le début d’une amitié de trente sept ans, comme élève d’abord, comme professeur ensuite. Et lorsque je parle d’amitié, c’est  » l’histoire de famille » qu’il faudrait dire, puisque mon père, lui-même, m’avait précédé en ces lieux, avant la première guerre mondiale, comme professeur d’arabe, que j’y ai rencontré mon épouse parmi mes collègues, et que tous mes enfants devaient y faire leur scolarité, plus tard.

En 1924, lorsque j’entrais en 9ème chez M. Fiesqui, dont la barbe grisonnante, taillée en bouc, nous en imposait, le lycée Carnot était dirigé par un personnage quasi mystique, archaïque et flottant dans sa longue redingote, noire, qui n’apparaissait que lors de distributions des prix : C’est M. Duval qui, en tant que proviseur, de 1898 à 1926 fut le véritable fondateur et organisateur du lycée Carnot.

Notre établissement ne compte à cette époque, qu’un millier d’élèves, alors que ce chiffre devait atteindre 2690, en 1939, et dépasser les 3.000 après 1950.C’est que le collège Saint Charles, fondé par le Cardinal Lavigerie, en 1882, au lendemain du protectorat, devenu le lycée Sadiki le 2 novembre 1889 et cédé à cette date à l’Etat tunisien, puis baptisé le 27 septembre 1893, lycée Carnot, pour ne pas être confondu avec le collègue Sadiki, déjà existant, n’avait cessé, depuis lors de s’agrandir et de pousser ses prolongements et ses constructions entre l’avenue de Paris, la rue Guynemer (actuellement rue saif ed-Dawala), la rue de la Loire et enfin vers l’avenue Roustan (actuellement avenue Habib Thameur) où se situe l’aile la plus récente, inaugurée en 1943, prés de laquelle se trouvait à la fin du XlXé siècle la première gare de T.G.M.

Je poursuivais, donc mes études au petit lycée, puis au grand lycée, dans cette ruche laborieuse, où les tunisiens étaient fort peu nombreux, où une discipline très stricte était assurée par un surveillant général, véritable cerbère, terrible et placide, M. Figre, dont le nom seul glaçait les élèves, mais où surtout nous avions la chance d’avoir un corps enseignant de très haut niveau. Ceux qui ont connu cet âge d’or du lycée Carnot ont gardé le souvenir de cette admirable pléiade de grands maîtres dévoués et brillants qui les ont enrichis de leur savoir et de leur méthodologie.

Ainsi par exemple, en philo, l’enseignement – qui était plutôt un dialogue sur le mode socratique – de notre professeur Lubac, m’a profondément marqué. Son physique de vieillard fragile, et son élocution désarticulée et traînante, le desservait grandement auprès de mes camarades. Mais lorsqu’on faisait l’effort de décrypter et de comprendre les propos de ce grand philosophe qui fut l’un des meilleurs disciples de Bergson, on demeurait fasciné par la clarté, la facilité et la puissance de son raisonnement, véhiculé par la lumineuse fluidité de style bergsonien. Ayant obtenu le premier prix chez lui, il tenait à me voir poursuivre études supérieures de philo. Mais mon choix était déjà fait pour l’histoire et la géographie. Un jeune agrégé de terminale, Marcel Calvet, m’avait donné la passion et presque le virus de connaître le vaste monde dans ses profondeurs passés et présentes et je voulus donc, après mon bac, obtenu en 1935, poursuivre l’étude de ces deux matières en France. Mais j’étais le premier Tunisien de mon espèce.

Peyrouton, notre cyclonique résident général, lorsqu’il eut vent de la chose, déclara textuellement : « je ne permettrai jamais à un Tunisien d’enseigner leur histoire à de petits français ». Cela ne changera rien à mon programme, et en octobre 1939, j’étais de retour de France, après des études poursuivies à Montpellier, puis à Paris jusqu’à l’agrégation au collège Sadiki. L’année suivante, je regagnais mes pénates au lycée Carnot pour assurer les mêmes pénates et ce, durant prés de vingt-sept ans.

En consultant le petit opuscule rédigé par mon collègue Marcel Gandolphe en octobre 1943, à l’occasion du cinquantenaire du lycée Carnot, on peut trouver la liste des professeurs. Sur 67 exerçant cette année- là, il n’y avait que cinq Tunisiens : Derouiche et Abed Mzali, pour l’arabe Khmais Hajri, pour l’anglais, Ahmed El Fani, pour la Physique et Tlatli pour l’histoire et géographie. « Photo envoyée par André Navikoff: en classe de 4èmeD avec notre professeur d’histoire et géo M. Slaheddine Tlatli ». La Tunisie sortait alors de six mois de guerre sur son propre sol qui furent particulièrement éprouvants, et le lycée Carnot, au milieu d’une ville en plein désarroi, avait connu les heures difficiles. Plus d’une fois les alertes nous obligeaient à quitter précipitamment la classe pour nous réfugier dans les tranchées. En mars, notre établissement reçut même, de nuit, trois bombes non explosées, dont on ne retrouvera que deux.

Avec mes nombreux collègues, nous avions l’occasion de nous rencontrer, et parfois de nouer des relations amicales, en particulier lors de la réception fort peu protocolaire et même bon enfant qui se tenait au début de chaque année scolaire pour accueillir nos nouveaux compagnons. Mais nous nous retrouvions aussi quotidiennement dans la salle des professeurs, ainsi que dans les conseils de classe au lorsque nous faisons passer les épreuves du bac. On pouvait distinguer parmi eux d’éminentes figures, comme celles de ce fin lettré qu’était Georges Démoulin, de ce grand physicien, notre ami Jean Debisse, qui devait prendre par la suite, la direction de Saclay, de ce fameux et filiforme mathématicien qu’était Henri Chalet, de cet historien bien connu, Jean Caniage, dont la thèse sur « les origines du Protectorat;#1524; devait le conduire bientôt en Sorbonne, de ce géographe koch, dont la thèse sur ;#1524; l’extrême Sud Tunisien;#1524; devait faire autorité, et de bien d’autres encore.

Par la suite, parmi les nouveaux collègues. Je fus heureux de retrouver deux de mes anciens élèves de Sadiki, Chedli Klibi et Mustapha Fiali, qui devaient faire une brillante carrière politique.

Il faudrait tout un livre pour évoquer toutes ces belles années de Carnot, passées dans une ambiance de labeur enthousiaste et d’émulation tonifiante. Car nous avions tous à cœur de pousser nos meilleurs poulains qui, par leurs succès au concours général et aux concours d’entrée aux grandes écoles de France faisant honneur à notre établissement et lui permettaient de se placer parmi les meilleurs lycées de France.

Mais on ne saurait terminer ces quelques lignes sans rappeler ce qui faisait le plus honneur à Carnot, cet esprit que nous tenions d’inculquer à nos élèves, en filigrane à travers notre enseignement et notre comportement et qui pouvait s’exprimer par un attachement tenace à certaines valeurs humanistes essentielles, comme celles de libertés fondamentales, du respect de la personne humaine et de sa dignité, et surtout de la tolérance, comme le rappelait Edgar Pisani et comme le déclarait, si parfaitement Philippe Séguin, lorsqu’il disait : « c’est au lycée Carnot en Tunisie, que j’ai appris la tolérance ». Car dans ce creuset tunisois où se sont toujours mêlées les races et les religions, «l’esprit Carnot » apparaissait comme l’antidote aux poisons de la haine et du racisme.

Et c’est pourquoi, aujourd’hui, où tant de valeurs sacrées sont foulées aux pieds sous nos yeux, où un peu partout on oublie le mot de Rabelais : «science sans conscience n’est que ruine de l’âme », la célébration de centenaire de notre lycée revêt tout son sens symbolique : celui d’une féconde et prestigieuse pépinière où des hommes de savoir et de bonne volonté ont consacré une partie de leur existence à semer le bon grain qui fait la grandeur de l’homme. Et ces semeurs ont la conscience tranquille de ne l’avoir pas fait en vain».

Slahedinne TLATIEn hommage à M. Slaheddine TLATI, ancien élève et professeur d’histoire et géo, disparu le 3 janvier 2009, nous publions le témoignage qu’il avait écrit à l’occasion du centenaire du Lycée Carnot (article paru dans «La presse » du 25/04/1993) :  » Lorsque j’ai connu le lycée Carnot de Tunis en 1924, il avait trente-et-un ans et j’en avais huit.

1967.1968 – CM2 Scipion l’Africain


Réponse de Wafa JOUINI: j’ai reconnu Essia MIZOUNI 1e rg à gauche et moi même Wafa JOUINI, 2è rangée à droite, l’instit c’est pas Madame PEREZ ??je crois qu’elle s’appelait ainsi.
Je me rappelle qu’il y avait aussi Odile MOUTON, dans cette classe, ah oui, je vois aussi Mehdi CHAOUCH, 1e rangée, 5ème à partir de la gauche, il porte des lunettes.

Légendes complétées par Wafa JOUINI et Nouredinne HAMIDA :
Noureddine Hmida,-,-,-,Brasdova Lenka,-,-,
-,-,-,-,Scemama Cathy,-,Nicole Zagdoun,-,-,Wafa Jouini,
Essia Mizouni;Aline Guez,-,-,Mehdi Chaouch,Odile Mouton,-,Mme Perez,-,Qui ce reconnait dans cette photo ? moi c’est le gars en haut, le premier à gauche, Noureddine HAMIDA.

1970.1971, classe de 6ème 9


Haut gauche : R. Saadaoui, J. J Haddad, A. Ghariani, E. Pinna, Samsoun, T Briki, F. Guefrach, S. Cohen, Sihem El Hamdi? , S. Ben Naser

Milieu: Largueche, Marc Soussan, F.Oddo, P.Chemla, L.Lagha,Rita Valenza,Livia Santonocito devenue Rapatel, A.Belkhodja,Ben slimane

Bas: A.Alastra,?,N.Ben Osmane,Ben Abdallah,?, L.Charfi, A.Coquin,L.Pizutto,C.Besnainou.

Désolé pour les points d’interrogations …..
Tarek Briki Tarek.briki@wanadoo.fr

Photo et liste envoyées par Tarek BRIKI

CONFIDENCES DE TUNISIE

Cet ouvrage est l’aboutissement d’une collaboration entre plusieurs amoureux du patrimoine tunisien : trois archéologues, une historienne, un journaliste et un photographe auxquels sont venus se greffer un artisan designer, des galeristes, des collectionneurs et de nombreux amis de la Tunisie.

-Azedine Beschaouch : direction éditoriale.
-Myriam Erraïs Borges : coordinatrice éditoriale et artistique.
-Jamila Binous, Myriam Erraïs Borges,
Zeïneb Ben Abdallah, Tahar Ayachi, Azedine Beschaouch : coauteurs.
-Salah Jabeur: photographe.
-Mohamed Messaoudi : artisan designer.
-Iadh Bahi (collectionneur), Moncef M’Sakni et Lilia Ben Salah (galeristes), Nacer Khmir (cinéaste)…

Confidences de Tunisie est accompagné d’un « livret des associations » regroupant douze associations tunisiennes œuvrant pour la sauvegarde du patrimoine.

La collection Confidences du Monde est le fruit d’une alchimie : entre le choix de destinations touristiques à fort potentiel culturel et celui d’auteurs de renommée passionnés et soucieux de faire connaître le meilleur de leur pays. »Confidences de Tunisie : vingt promenades culturelles et touristiques incontournables  » invite à visiter la Tuisie autrement et propose des découvertes et des «coups de cœur» uniques …
(Collection Beaux Livres, Le Cherche-Midi, Paris 2008)